CHIRBES, Rafael. – Paris-Austerlitz

Rivages. – 20€

Auteur espagnol, décédé en 2015, Paris-Austerlitz est son dernier roman.
Le sida emporte l'amant, les souvenirs affluent. Paris, la mort, la vie s'entrechoquent. Il n'y a aucun pathos, c'est cru et magnifique. Livre violent, douloureux, que personnellement, j'ai lu en faisant des pauses.

A ne pas mettre dans les mains des âmes prudes !

Marie


ERDOGAN, Asli. – L'homme coquillage

Actes sud. – 19.90€

Roman paru en Turquie en 2006.
L’héroïne turque est une jeune physicienne, invitée à un colloque de physique nucléaire, sur une île caribéenne. On comprend vite qu'elle a plus envie de s'intéresser à l'île, à ses habitants et leurs coutumes qu'aux cours et aux collègues masculins qu'elle juge insipides. Ce qui devait arriver arriva : elle tombe amoureuse de l'homme coquillage, pêcheur rasta, solitaire, pauvre et émigré.
Cette histoire est une fiction, mais fortement inspirée par l'histoire personnelle de l'autrice, emprisonnée en Turquie puis réfugiée à Francfort, accusée de propagande terroriste par son homonyme Erdogan.

J'ai trouvé le coquillage un peu creux, et un peu gênant ce mépris « en bloc » des touristes...

Marie


HUGUENIN, Cécile. – Passages du désir

Héloïse d’Ormesson. – 19 €

C’est à la fois un bon roman d’aventures, d’investigation, peut-être simplement un bon roman de plage, mais c’est aussi un roman philosophique : l’auteur est passée d’une carrière de psychologue à celle de romancière, autour de ses 75 ans. Il s’agit d’une part de Titus, garçon de bonne famille qui, en lisant la disparition d’une personne inconnue, décide sur le champ de la retrouver, quitte à tout perdre pour elle. D’autre part, on suit au fil du livre les aventures de la disparue, et l’on imagine que la rencontre surviendra.
Les parents du jeune homme sont très cultivés, férus de voyages, donc ils finissent par adhérer à son projet : « incroyables parents, songe Titus, qui ignorent le nom des rues de leur quartier, de leurs voisins ou de leur boulangère, et qui connaissent l’histoire de n’importe quel coin du monde ».

Jean-Pierre


♥ JOSSE, Gaëlle. – Une longue impatience

Noir sur blanc – 14 €

En Bretagne dans les années 50, une femme attend le retour de son fils adolescent, parti sans donner de nouvelles après une dispute avec son beau-père. On l’a vu s’embarquer sur un bateau, puis on a perdu sa trace. Une longue attente commence alors pour la narratrice qui, tout en fouillant sa mémoire pour comprendre ce qui a éloigné son fils, lui écrit des lettres où elle imagine le grand banquet qu'elle offrira pour fêter son retour.
Gaëlle Josse retranscrit avec beaucoup de justesse la voix intérieure de cette femme et évite les clichés : le second mariage, avec un riche pharmacien, n’est pas celui qui a été fait par intérêt, et le drame qui, pendant la guerre, a tué le premier mari n’est pas l’œuvre de ceux à qui l’on pourrait s’attendre… Le fils reviendra-t-il ? Il vous faudra pousser jusqu’à la dernière page pour le savoir.

Coup de cœur

France


♥ LAFON, Marie-Hélène. – Nos vies

Buchet-Chastel. – 15 €

Jeanne, la narratrice dit : « il suffit de regarder et d'écouter ». Gordana est caissière au Franprix de la rue du Rendez-vous, Paris 12ème. Elle vient de l'Est, immuable femme-tronc, solide, muette. A la faveur de la chute du portefeuille de Gordana, Jeanne imagine l'enfant resté à l'Est, la famille à qui il faut envoyer de l'argent...
Jeanne regarde, écoute et raconte Isabelle, la femme trompée, Horacio, les parents, Paris, Régis, Madame Jaladis sa voisine et son fils Jean-Jacques et encore son amoureux Karim, sa vie d'avant avec Karim...

Ce sont nos vies, humbles, sensibles, tendres, en poésie, en finesse et justesse de ton qui s'expriment si bien dans ce très beau livre.

Coup de cœur

Marie


LAMBERT, Jean-Michel. – Témoins à charge

Ed. De Borée. – 19,90 €

L’auteur magistrat et écrivain est né en 1952 à Jarnac. Ce livre est son onzième et dernier livre avant son suicide.
Un jeune homme simple d’esprit sort de prison après une longue peine pour un meurtre qu’il nie avoir commis. Il est de nouveau accusé cette fois pour un double meurtre qu’il reconnaît. Les preuves semblent accablantes mais une jeune femme, officier de police, présente dès le début de l’enquête, a des doutes et va rechercher le vrai coupable.
Agréable à lire. Personnages attachants. Descriptions réalistes des comportements sociaux et des enjeux de sociétés ainsi que du monde judiciaire.

Livre qu’on ne lâche qu’à la dernière page.

Martine


LOPEZ, David. – Fief

Seuil. – 17,50 €

David Lopez a obtenu le Prix du Livre-Inter à 32 ans, pour son premier roman : Fief.
Jonas est le personnage principal, qui parle à la première personne pour décrire les déambulations de sa bande de désoeuvrés en HLM, des gars de 20 ans qui ont des comportements d’ados. Pablo, Ixe, Untel, Habib, tels sont leurs noms. Les jours passent avec un temps (et un chapitre) pour chaque occupation : les cartes, le shit, les palabres en langage châtié érigés en échanges philosophiques, et à la nuit, la tournée des bars et la drague.
Dans la bande, une seule fille : Wanda, qui se livre avec désinvolture et des manières de mante religieuse, la meuf qui donne des leçons porno. Au regard de cette misère intellectuelle, le narrateur (donc l’auteur) nous expose la réalité d’une vie sans horizon. La grammaire, le vocabulaire étriqués devraient-ils porter l’auteur à un prix littéraire ? Lecture faite, sceptique au départ, étonné enfin, par « t’es qui toi » ou « nique ta race-j’t’embrouille », pour ne citer que le plus montrable. Et d’aucuns trouveront dans ce livre, à chaque page, une inacceptable apologie de la drogue.

Jean-Pierre


♥ LOUIS, Edouard. – Qui a tué mon père

Seuil. – 12 €

S’adressant à son père, Edouard Louis tire le fil de ses souvenirs pour essayer de cerner cet homme auprès de qui il vécut une enfance difficile. Au milieu des paroles blessantes, il exhume des moments où l’amour paternel transparaît, et des détails qui font apparaître l’homme qu’il aurait pu être si la vie ne l’avait pas brisé. C’est là le deuxième fil du livre : Edouard Louis retrace toutes les mesures politiques qui, pour les petites gens, signifient « la vie ou la mort ». Une augmentation de 100 € de l’allocation de rentrée scolaire ? C’est l’explosion de joie : « On va à la mer ! » Le passage du RMI au RSA ? Une catastrophe pour le père qui, contraint d’accepter n’importe quel travail mal payé, finit de se ruiner la santé.

Un livre engagé, donc, mais aussi un beau témoignage d’amour entre un père et son fils qui apprennent enfin à se connaître.

Coup de cœur

France


♥ MAY, Peter. – Je te protègerai

Rouergue. – 23 €

L’auteur, né en 1951 à Glasgow, habite en France dans le Lot. Il a été naturalisé français. Il est écrivain et scénariste. (A lire sa trilogie écossaise : L’île des chasseurs d’oiseaux suivie de L’homme de Lewis puis Le braconnier du lac perdu.)

Un couple se rend à Paris pour un salon où vont s’exposer les tissus de qualité exceptionnelle qu’ils fabriquent avec des tisserands écossais. L’explosion de la voiture qui emmenait l’époux va entraîner l’épouse à faire des retours en arrière sur son amour d’enfance qui comblait sa vie. Une inspectrice de police va tenter de reconstituer les circonstances et mobiles du meurtre.

Atmosphère insulaire au Nord-Ouest de l’Ecosse. Descriptions de la nature avec ses couleurs changeantes et ses éléments naturels qui peuvent se déchaîner. Histoire captivante.

Coup de cœur

Martine


♥ MOORE, Allan. – Jérusalem

Ed. Inculte. – 28,90 €

(suite de la critique du mois de mai)
Bon, OK, je ne l'ai pas fini...Vous me voyez, vous, emporter à la montagne, à la campagne, ou à la mer un pavé d'1kg500 dans mon petit sac ???
En plus, vous n'avez pas d'excuse, vous pouvez l'emprunter de suite à la BDP puisque je vous l'ai rendu et que maintenant, le mien, il est à MOI !
Le livre deux est complétement différent du livre un. C'est un voyage onirique au pays de la mort, on peut s'y perdre ou s'accrocher aux murs qui basculent... à vous de voir, moi, je continue !

Coup de cœur

Marie


♥ SALVAYRE, Lydie. – Tout homme est une nuit

Seuil – 18,50 €

Un homme se retire dans un très beau village du Sud de la France pour affronter la maladie. Mais sa faiblesse, sa solitude, sa différence (on apprend petit à petit qu'il est lettré, et qu'il a un teint sombre qui le dénonce comme étranger) le rendent suspect aux habitués du Café des sports, seul lieu de convivialité des lieux « Le village se limitait à quatre ou cinq ruelles, une Grand-Rue mélancolique, une Grand-Place inanimée flanquée de son église, en face d'elle la mairie, à la sortie un terrain de boules et le Café des Sports où l'on allait chercher un peu d'animation.».

Le récit est écrit à deux voix, l'homme seul face à ses problèmes et son interrogation sur le monde, de l'autre côté une voix parlant pour la petite communauté, et principalement Marcelin, le patron du bar, grande gueule qui domine et donne le ton. L'incompréhension, la méfiance puis le rejet s'insinuent, se nourrissant d'un rien et créant la rumeur. Quelques-uns ne semblent pas suivre l'avis général, mais quel est leur poids face à ceux qui affichent leur haine de l'étranger.

Une semblable histoire pourrait se produire en de multiples lieux. La force de ce livre est de nous le rappeler, d'inscrire dans un quotidien banal la dangerosité des comportements d'exclusion qui minent notre société. Un livre à lire et faire lire.

Coup de coeur

Hélène


♥ SEKSIK, Laurent. – Un fils obéissant : un amour sans fin

Flammarion. – 19 €

Un homme se rend sur la tombe de son père et doit réfléchir à un discours commémoratif qu'il tiendra devant famille et amis. La présence d'une inconnue à côté de lui dans l'avion qui l’emmène en Israël, lieu de la cérémonie, lui permet d'évoquer la figure de l'homme qui a tenu une place centrale dans sa vie.
On sent que l'écrivain se dévoile derrière ce personnage de fils aimant et inconsolé, au passage on comprend mieux ses années de formation, en tant que médecin, et sa vocation d'écrivain, et surtout ses livres qui tous tournent autour des relations père-fils (Einstein et son fils malade mental, Romain Gary et la figure absente du père...) Pour moi qui appréciait déjà beaucoup ses précédents livres, j'ai découvert une face cachée de l'écrivain, il m'est devenu plus proche, je pourrai relire ou lire d'autres de ses livres avec un autre regard.

Coup de cœur

Hélène


♥ SLIMANI, Leila. – Chanson douce

Gallimard. – 18 €

L’auteur de nationalité franco-marocaine est née au Maroc en 1981. Ce livre a reçu le prix Goncourt en 2016.
Dès les premiers mots, l’auteur nous livre les éléments du drame. La mort de deux jeunes enfants dans d’atroces circonstances. Tout laisse à penser qu’il s’agit d’un double infanticide. Ce début, qui est aussi la fin du livre, nous entraine, dans les chapitres suivants, à remonter le temps, et à vivre les événements qui ont pu entraîner le dénouement fatal du début du livre.

Roman psychologique bouleversant, éprouvant, marquant. Drame familial lié à l’enfermement dans des relations et comportements induits en partie par les conditions actuelles de vie. Les personnalités se révèlent à travers leurs difficultés à exprimer leur vécu, leurs ressentis et leurs sentiments.

Coup de cœur

Martine


♥ SOULIER, Eveline. – Pour un air d’accordéon

Cabédita. – 23 €

Madame Soulier, Eveline, avec un i selon l’état-civil, est franc-comtoise de naissance, de cœur, et très également attachée au canton de Vaud et au canton des Planches en montagne : il n’y a pas plus pure jurassienne. Sa grande expérience musicale (cheffe de chœurs transfrontalière) et littéraire (professeure de lettres) l’a conduite à fixer dans un livre une tranche d’histoire, celle de ses propres parents. Parce que c’est une histoire banale, Eveline Soulier a voulu qu’elle ne soit pas oubliée. D’ailleurs, l’histoire des parents n’est jamais banale, pour leurs enfants.

Le 30 août 1944, les parents de l’auteure sont des adolescents déjà au travail. Ils assistent terrifiés aux exactions perpétrées par les Allemands en déroute. Dans ce village frontalier il y avait le maquis à nourrir, les réfugiés à « passer » en Suisse, et la contrebande quasi-institutionnelle. Séquences de vie dangereuse, pauvre, exemplairement solidaire.

Eveline Soulier réussit avec délicatesse à poser dans un livre le jeu des questions-réponses imposé à une maman vieillissante et à un père taiseux comme l’étaient tous ces gens-là, qui en ont « trop bavé ». L’exercice périlleux qui consiste à faire d’une longue histoire d’amour un récit historique rigoureux, avec comme seul outil la phrase bien tournée, aimante, discrète et expressive. Merci Eveline Soulier pour ce beau livre d’histoire.

Coup de cœur

Jean-Pierre


♥ TAYLOR, Dennis E. – Nous sommes légion

Bragelonne. – 17,90 €

Premier tome de la série de science-fiction : Nous sommes Bob.

Bob Johansson vient de faire fortune en vendant sa start-up. Il utilise alors son argent pour souscrire un contrat un peu particulier : à sa mort, il sera cryogénisé, le temps que les progrès de la science permettent de le ressusciter. Il n’y croit qu’à moitié, mais l’idée est amusante et de toute façon, l’échéance est loin… sauf qu’il se fait renverser par une voiture en sortant d’une convention de SF. Lorsqu’il reprend conscience, un siècle s’est écoulé et l’humanité est au bord de l’extinction. Il est lui-même devenu la propriété du gouvernement, qui veut l’envoyer explorer l’univers en tant qu’intelligence artificielle aux commandes d’une sonde spatiale. Sa première mission : se répliquer, créer d’autres Bob, afin de couvrir plus de terrain et augmenter les chances de découvrir des planètes habitables.

Un space opera dans la plus pure tradition du genre : Bob et ses clones explorent l’univers, affrontent des ennemis, découvrent d’autres formes de vie… tandis que sur Terre, des factions en tout genre se disputent le pouvoir. Les rebondissements sont nombreux, mais c’est la personnalité de Bob qui donne tout son sel à l’ouvrage. Sa curiosité et son humour lui permettent de surmonter sa métamorphose et d’assumer la lourde responsabilité qui pèse sur ses épaules.
Le second tome est déjà traduit.

Coup de coeur

France


 

BETBEDER, Stéphane et DJIEF. – Liaisons dangereuses : préliminaires, 1. L'espoir & la vanité

Glénat. – 14,50 €

Sébastien est le dernier de la famille, il est de santé fragile et sa mère ne sait plus comment soigner ses fréquentes crises d'épilepsie. A la faveur d'un rapprochement des deux familles en vue d'un mariage de l'une de ses sœurs, Sébastien fait la connaissance de la comtesse de Senanges, qui lui fait forte impression et l'intrigue. Celle-ci, maîtresse délaissée de son père, prend alors le jeune Sébastien sous sa coupe et se charge de son éducation sexuelle... jusqu'à ce qu'il devienne le Vicomte de Valmont.

Tome 1 adapté du célèbre roman de Choderlos de Laclos qui se déroule avant le roman et dépeint l'enfance du Vicomte de Valmont dans un milieu d'aristocrates rongé par l'argent et les trahisons. Le dessin assez classique convient bien à l'histoire très bien mise en couleur où les robes et décolletés foisonnent tout en restant chastes.

A découvrir. Tout public.

Elodie


♥ BONNEAU, Laurent. – On sème à la folie

Bamboo. – 21,90 €

Deux amis se rejoignent pour aller surfer, l'un d'eux se demande s'il peut savoir qui il est à trente ans sans se conformer à une norme... Rentrés, les deux amis se connectent avec d'autres amis communs pour fixer un week-end de retrouvailles afin de faire progresser la BD commencée par l'un d'eux sur les retrouvailles de jeunes autour de la trentaine !

Réflexions philosophiques sur la vie, sur la création et la trace que laisse chacun dans l'existence. Une mise en abîme où chacun se reconnaîtra un peu. Dans un album où, du trait précis en bichromie, naissent presque des photos, des portraits, des paysages et une douce mélancolie du temps qui passe.

Coup de cœur. Tout public.

Elodie


FLOC’H, Arnaud et QUELLA-GUYOT, Didier. – Monument Amour T1 et 2

Bamboo. –13,90 €

Camille est blessé pendant la Grande Guerre et envoyé dans un centre de convalescence dans lequel il ne parle qu'au chien qui l'a sauvé, Bounty. Après la guerre, Camille retrouve son atelier de sculpteur et doit affronter ses vieux démons : ses beaux-parents qui l'accusent d'avoir tué leur fille. Interné de force, il doit finalement son salut à un ami médecin pour qui il avait sculpté une statue pendant sa convalescence et peut retourner à sa vie pour faire un monument à la gloire de la vie.

Une histoire singulière en 2 tomes, qui nous conte la vie des chiens dans l'armée au sein d'une véritable intrigue sur fond d'histoire d'amour. On peut compter sur Didier Quellat-Guyot pour l'exactitude des faits de guerre et accompagner un dessin de facture plus classique.

A découvrir. Tout public.

Elodie


KOMATSU. – Je pense à toi

Taifu comics. – 8,99 €

Takashu et Yasu habitent à la campagne et sont amis depuis l'enfance. Alors que le moment d'entrer à l'Université arrive, Yasu avoue ses sentiments à Takashu. Et autres histoires d'amour.
Histoires d'amours adolescentes qui oscillent entre amitié et amour et montrent la difficulté et le désarroi qu'elles peuvent entraîner.

A découvrir. Public ado-adulte.

Elodie


LAMBERT, Thibaut. – De rose et de noir

Des ronds dans l'O. – 18 €

Manon Séchan consulte une psychothérapeute car elle a subi des violences de la part de son ancien compagnon. L'histoire est finie mais Manon reste fragile et marquée dans sa confiance en elle. Peu à peu, grâce à la patience d'Hugo et au travail thérapeutique, Manon va réapprendre à faire confiance à elle-même et aux autres et se libérer de ce trauma pour vivre pleinement son histoire avec Hugo.

Un scénario sensible pour raconter les violences physiques et psychologiques subies par certaines femmes et la capacité de résilience de chacune pour revivre. Le trait est simple, en bichromie brun-rouge, Thibaut Lambert n'en fait pas trop et l'histoire reste optimiste.

A découvrir. Tout public.

Elodie


LUST, Ulli. – Alors que j'essayais d'être quelqu'un de bien

Ed. çà et là. – 26 €

Ulli raconte sa jeunesse dans les années 1990 en Autriche lorsqu'elle tente de vivre de ses illustrations. Son fils est chez ses parents alors qu'elle vit avec un homme plus âgé qu'elle, Georg, acteur dans une troupe de théâtre. Ulli s'engage dans une autre liaison avec un immigré nigérian, Kim, avec qui elle a des relations tumultueuses.

Autobiographie fleuve de l'auteur qui pose la question de l'amour, de la famille, des relations multiples et de la violence dans le couple. Un dessin agréable en bichromie rose.

A découvrir. Public averti.

Elodie


♥ MATZ et GOUST, Mayalen. – Vies volées : Buenos Aires, Place de Mai

Rue de Sèvres. – 15 €

Plazza Dorrego, Buenos Aires, 1998 : des groupes de femmes manifestent pour retrouver leurs petits-enfants volés à leurs parents assassinés par la dictature. Mario, 20 ans, échange avec ces femmes car il souhaite réaliser un test ADN afin de vérifier ses origines. Son ami Santiago l'accompagne et se laisse séduire par la jeune infirmière qui doit faire les tests... qui vont changer leurs vies.
30000 opposants politiques ont été enlevés entre 1976 et 1983 par la dictature militaire argentine. Parmi eux, des femmes enceintes dont les bébés ont été placés dans des familles. Ce sont ces enfants que leurs grands-mères recherchent. Cette histoire tragique est magnifiquement racontée dans cette bande dessinée au graphisme fluide et léché assorti de couleurs tendres et lumineuses.

Coup de cœur. Tout public.

Elodie


OTERO. – 24 heures de la vie d'une femme

Glénat. – 19,50 €

Un hôtel sur la côte californienne, une femme qui disparaît et qui semble-t-il a laissé son mari et ses deux filles pour partir avec le prof de tennis... Un écrivain en mal d'histoire et une vieille dame qui va se livrer à la confession au seuil de sa vie.
Le tout forme le roman de Stefan Zweig à l'origine de la BD, sur l'histoire d'une femme libre, mais transposé sur la côte californienne dans les années 80. La première de couverture est un tableau d'une grande maîtrise, le graphisme de l'histoire est moins subtil.

A découvrir. Tout public.

Elodie


PARENT, Mauryn. – Génération Y

La Boite à Bulles. – 16 €

Une année, 4 personnes, deux filles, deux garçons et les liens qui se tissent et se défont au gré du temps.
La jeune autrice Mauryn Parent décrit le quotidien de la génération Y, dite génération « why » en anglais, leurs doutes, leurs errances sur la vie. Un roman graphique doux et mélancolique où le crayonné léger et fin est rehaussé de couleur, une pour chaque personnage, avec un trait réaliste fluide et agréable.

A découvrir. Tout public.

Elodie


 

♥ NAGGAR, Carole. – David Seymour : vies de Chim

Contrejour – 25 €

Cet album permet de découvrir ou mieux connaître un grand photographe du XXe siècle, un homme hors du commun dont l'empathie se lit dans son travail.

Il est né Dawid Szymin, le 20 novembre 1911 à Varsovie et semblait destiné comme son père à publier des livres. On le connaît sous le nom de Chim ou David Seymour. Il vécut d'abord en Pologne puis en Russie, fit des études d'art et de photographie en Allemagne, qu'il dut quitter à la montée du nazisme, devint photographe en France... Il parlait six langues.
Influencé par le Bauhaus, il devint photojournaliste, tout en s'affirmant plutôt dans ses séquences que dans des images individuelles (cette pratique portait le nom de package story). Il ne recherche pas les personnes ou les lieux les plus connus, mais la vie de tous les jours, les hommes au travail, les mineurs, les humbles, les mendiants, les plus vulnérables. Il collabore épisodiquement avec Voilà ou Ce soir, mais c'est Regards qui est sa principale base en France, avant qu'il ne participe à la création de l'agence Magnum, après la guerre, avec Capa, Cartier-Bresson, George Rodger...
Il « couvre » la guerre d'Espagne, engagé auprès des Républicains, avec son ami Robert Capa et Gerda Taro. La 2e guerre est déclarée alors qu'il fait des reportages en Amérique du Sud. Il s'engage alors dans l'armée américaine. Refusé dans l'armée active à cause de sa myopie, il est interprète de photos aériennes. A la fin de la guerre, il photographie l'avancée de l'armée américaine en Europe, France, Allemagne, Pologne, puis les pays de l'Est de l'Europe et du Sud. Ce sont alors les enfants victimes des conflits qui retiennent le plus son attention. Puis c'est l'aventure de Magnum. En 1956, il trouve la mort en couvrant le conflit israëlo-égyptien.

Un important cahier de photos est joint au parcours biographique, images que l'on découvre seules, les légendes étant reportées en fin de volume, comme il aimait qu'on découvre une photographie.

Coup de coeur

Hélène


PIVETEAU, Elodie. – Origami déco : 27 modèles élégants et intemporels

Marie Claire. – 17,90 €

Origami appliqué à la décoration de la maison grâce à des créations de lampes, guirlandes, mobiles ou boîtes dont les modèles sont expliqués pas à pas et classés selon le niveau de difficulté.
Petit format de livre pour réaliser de grands origamis tels les abat-jours. Les pliages sont bien expliqués mais il ne faut quand même pas être débutant en la matière pour réaliser les modèles proposés, parfois ambitieux !

A découvrir. Tout public.

Elodie